Nancy Issa

Un one woman show littéraire sur Lorca au Parc Lafontaine? Moi, je dis bravo.

Les 25,26 et 27 février, l’actrice Nancy Issa présentera un texte hommage au poète Frédérico Garcia Lorca sur lequel j’ai travaillé. Il y aura un musicien flamenco sur scène, Nancy se transformera en toutes les femmes qui ont  ponctué la vie du grand poète espagnol. Le tout parsemé à la Luchini de quelques fragments significatifs de l’oeuvre de monsieur. Le spectacle aura lieu au Théâtre Calixa-Lavallée (Parc Lafontaine) à 19:30 et les profits iront à l’Institut du cancer de Montréal.

Extraits de sa biographie:

Nancy Issa a plusieurs années d’expérience en théâtre, publicité, doublage de voix et animation à la radio.

Elle est auteure et interprète de «Mi dulce Alfonsina» monologue en hommage à l’écrivaine argentine Alfonsina Storni présenté en 2008. En 2009 elle joue le premier rôle de Rosa Perez à « L’auberge du chien noir » à la télé de Radio Canada. En 2010, elle présentera sa pièce: « Les Femmes de Frédéric » dans les théâtres du Québec. Elle a tenu des premiers rôles dans les pièces «Extraño juguete» de Susana Torres Molina, « Noces de sang » et « La maison de Bernarda Alba », de Federico García Lorca «L’histoire merveilleuse du crapaud Taró Bequé» , de Marcio Souza et «La Cerisaie» de Tchékov. Elle a reçu le ‘prix pour la qualité artistique’ attribué par l’Institut National de Théâtre en Argentine. Elle a joué pour plusieurs compagnies de théâtre indépendantes et dans l’unique troupe officielle de théâtre de Cordoba Comédienne dans des publicités, elle a fait aussi des doublages de voix pour la télévision et la radio.

Enseignante dans des ateliers de théâtre pour adultes, adolescents et enfants dans de diverses institutions dont « L’Association Argentine de Comédiennes » et des écoles de langue espagnole et arménienne. Au Québec, elle donne des ateliers de théâtre aux adolescentes et adultes. Elle a obtenu trois prix littéraires en tant qu’auteure. Elle a publié des notes éditoriales et a traduit du français à l’espagnol pour le Journal «Diario Armenia» en Argentine.

Je me suis levé très tôt ce matin. Avant le café, le laptop: dans ma boîte de courriel, j’apprenais la mort de la grande Lhasa De Sela. Comme chaque fois qu’une nouvelle comme ça me rentre dedans, c’est une succession de petits flashs personnels qui me sont revenus:

Parmi quelques touristes, au magasin de disques de l’aéroport de Montréal, j’écoutais son nouveau disque, le regard fixé sur l’avion qui allait m’amener ici.

C’est fou, je me disais en la conjuguant au présent, comme elle représentait bien la beauté de cette improbabilité québécoise: la possibilité de s’offrir un disque d’une chanteuse d’origine mexicaine comme souvenir de voyage dans un pays nordique

Pour moi, c’était l’une des premières voix singulières avec lesquelles j’ai pu traverser l’époque de l’écoute adolescente assoiffée de punk et passer doucement à l’écoute curieuse de toutes les musiques.

La Llorana était un disque ovni, calme et fou, mélancolique à rebord. Il est paru au coeur d’un certain éveil de la scène musicale alternative québécoise (Le Dôme de Leloup, Glee de Bran Van 3000, Radieux-Sceptique de Basta, l’album éponyme de Lili Fatale sont tous arrivés dans cette période qui annonçait je crois les fastes années qui ont suivi).

On y découvrait une voix habitée capable de tant de choses: tantôt la confidence et l’intime comme la folie à ciel ouvert. Derrière la voix, des voiles latins charbonneux, une marche, un brillant tapage coutellier  signé Yves Desrosiers.

Elle incarnait si bien cette idée que la langue n’est plus une frontière quand il est question de musique. Au hasard des syllabes suaves et possédées, la contagion agissait et on y pouvait tout simplement rien. C’était tout.

Je me souviens aussi d’une nuit d’insomnie volontaire où je l’entendais parler avec Catherine Pogonatt de ses coups de coeur musicaux. C’était un entretien magique, tout désigné pour la nuit que nous traversions. Cette nuit-là, elle m’avait fait découvrir Oum Khaltoum, m’avait fait vivre et voir  le chant des esclaves noirs américains piochant le rythme  de leur dur labeur (j’y entendais soudainement la source de son propre travail à l’époque de son premier disque, les rythmes de Desrosiers avec une éclairage neuf) et aussi, et surtout devrais-je dire, la chanteuse turque Sezen Aksu, avec laquelle on découvrait du même coup une parenté parfaitement étroite, une ressemblance belle et bouleversante. C’était cette chanson-là.

Il y a un an, j’ai trouvé La Llorona dans une boutique de disques usagés à Helsinki. Je me demandais ce matin si cette voix s’était rendue jusqu’ici. Est-ce que quelqu’un à Helsinki ce matin savait que Lhasa était décédée. Tout va si vite, désormais.

Mais oui. Si on jette un oeil sur les réservations à la bibliothèque d’Helsinki, on comprend que plusieurs sont visiblement passés aujourd’hui.

http://www.helmet.fi/search*fin/X?SEARCH=Lhasa+de+Sela&searchscope=9&Submit.x=0&Submit.y=0&m=&l=&b=&Da=&Db=

Dans ce froid tout particulier où le vent de la Sibérie trébuche, le disque tourne dans quelques foyers ici et là. L’artiste s’est éteinte mais l’art est un cri constant. Et on se dit doucement, consolation douce et débile qui accompagne souvent le décès des artistes partis trop tôt (Buckley, Dédé, Cobain…), que la contagion va continuer son petit bout de chemin (comme son propre chemin de citoyenne du monde) , qu’elle deviendra légende.

J’ai passé la journée dans la forte lumière du nord dans laquelle Helsinki baigne depuis quelques jours, marchant longuement en longeant le port et les embâcles, j’avais les chansons de Lhasa dans la tête.

Je me suis dit que j’allais utiliser mon espace de fabrication d’archipels pour écrire quelques mots en finnois pour qui cette perte résonnerait en Finlande.

Je m’y mettrai plus tard. Pour le moment, vous avez ici les mots en français qui me serviront d’appui quand j’aurai le courage de sortir le dico et tout le bataclan.

a+

teksti suomeksi myöhemmin

Dans Germania, le philosophe romain Tacite s’aventure du côté des barbares, des tribus outre-Rhin et dresse avec le fruit de ses observations un inventaire des peuples qui font brrr brrr. À la fin de l’essai, Tacite parle des fénnis, un peuple caché dans de vastes forêts de conifères qui s’habille avec de la fourrure, mange du poisson. Des barbares en rupture de ban, pas tout à fait du côté des vikings.

La scène indie-rock finlandaise répond tout à fait à cette distinction. Si la Scandinavie regorge de merveilles créatives qui ont su se frayer un chemin jusqu’aux magazines spécialisés, jusqu’aux scènes nord-américaines, la Finlande demeure en retrait lorsque vient le moment de parler indie-rock.

J’ai toutefois l’impression que la constellation s’organise, on peut déjà compter quelques étoiles qui brillent un peu plus fort:

Il y a par exemple un groupe de musique expérimental qui, dit-on, vit reclus dans la forêt. Ils auraient les traits décrits par Tacite plus haut. Cette tribu de bidouilleurs aurait son quartier général dans le Savo, près de la frontière russe. Et ça donnerait un rock expérimental maison plein de fénnitude, nourri quotidiennement au pain de seigle noir.

Paavoharju, citoyens de Savonlinna, Imatra et Kuopio, fabriquent leur trame sonore au magnétophone, à la caméra à l’épaule et avec les denrées de base du rock de sous-sol. Ici: le bruit d’une guitare, là: l’idée d’un drum.

Ça s’ouvre comme un pop-up book aux dessins inquiétants. L’histoire mêle des passages de la Bible de Luther et des anecdotes sur le LDS racontées par Albert Hofmann. On se dit que si la petite fille qui aimait trop les allumettes de l’écrivain Gaétan Soucy et son frère se partaient un band, ça donnerait sûrement quelque chose comme ça.

Laulu laakson kukista, dernier disque de ce groupe phare de la maison Fonal, éditeur de musique bien fourni en musiques naïves et exploratoires, est fait de ces bois-là: mélodies fuyantes, bande-sons, premiers symptômes visibles de la scizophrénie, chansonnettes au piano usé, une lente complainte à la Cohen époque Songs of Love & Hate ou encore un petit morceau danse minimaliste chanté par l’idée que je me fais d’une nymphe sortie du Kalevala qui tenterait sa chance aux auditions de la Star Ac’.

Le tout dans une brume qui tient l’auditeur à un bras du distance.

On pense à la bande de Mùm pour le côté société secrète fabricante de paysages sonores, pour le côté communauté chrétienne qui s’acoquine avec les gnomes, tout ça. On troque seulement les geysers et la géologie hallucinante pour des pinèdes et des boulinières.

Voyez un peu?

Le disque terminé, on s’étonne d’avoir tenu le coup, d’avoir conservé l’équilibre. C’est fou comme c’est évanescent. On se demande comment ça fait pour tenir et on réalise qu’il y a là, tout en filigrane, secrètement active comme la braise, une épatante cohésion. Du décousu érigé en système qui réussit à générer de la dentelle.

Ce groupe bricole du décor fénnique comme personne.

On a envie d’aller s’enfoncer quelques mois dans une forêt québécoise pour répondre à leurs signaux. Aller y pianoter des berceuses, chanter des chorales avec nos meilleurs amis et faire un feu de joie avec toutes nos guitares dedans.

Un DVD à venir en 2010. voici le trrrailer:

Le groupe rock suédois Kent, c’est probablement le plus gros morceau de l’indie-pop-rock scandinave de la décennie. C’est surtout sa face visible, bien mise, jolie comme un glacier. Musique indie-rock pour adolescents en souliers de tennis.

Maintenant, ce groupe a des contours vus et revus, l’érosion des années fait en sorte que ça coule de partout:  le groupe a toujours été un ersatz de ceci ou de cela et on pouvait bien sûr s’en accommoder mais, là là, la machine n’avance plus vraiment, n’est pas aussi audacieuse que sa nouvelle facture voudrait nous le faire croire. Un sentiment de déjà vu prononcé à l’anglaise. Exactement comme lorsqu’un nouveau disque de Coldplay arrive sur les tablettes, par exemple. Tout à point soit-il.

Ça donne des disques qui se défendent mais qui sont toujours plus tiède que brûlant, qui laissent une impression de tondeuse toujours plus tortue que lièvre. Ça ne défriche pas.

Du type 3 et demi sur l’échelle des étoiles imprimées sur papier journal.

*** 1/2

Le groupe a d’abord fait la conquête de ses propres terres pour ensuite connaître un succès pour happy few un peu partout avec les disques Isola (1997), Hagnesta Hill (1999) puis ensuite Vapen Och Ammunition (2002), Du & jag döden et le The Hjärta & Smärta EP (parus en 2005) . Puis, tout à coup, départ du guitariste principal! une porte claque!,  viennent les moins costauds: Tillbaka till samtiden et, il y a maintenant un mois, Röd.

Je m’y fais l’oreille. Je m’y fais l’oreille et, derrière ce ton plein de lassitude, il y a ceci:

Cette nouvelle parution ravive des souvenirs de jeune rat de magasin de disques: ce temps où l’on trouvait des versions anglaises d’Isola et d’Hagnesta Hill dans les rayons. Ce temps bénit où l’on pleurait, doux jésus, quand un disquaire spécialisé pouvait te commander parce que c’est toi le nouveau disque en suédois, disponible seulement dans les europes. Le disquaire connaissait le phénomène: Kent, pendant viking de U2, Depeche Mode et de Radiohead époque The Bends, hochet pop de plusieurs oreilles obliques.

C’est vrai, rétrospectivement, je garde le cap:  il y avait là-dedans de belles idées, une esthétique nordique et trash qui me rentrait bien dans l’oreille et qui, encore cette fois, me passe bien sous les  yeux.

Je laisse ici le clip, noir noir noir, du nouveau simple, pop pop pop, Hjärta.

24 décembre, un peu avant midi.

Ça commence par la messe télévisée où l’ancienne ministre de la Défense Elizabeth Rehn (dernier dignitaire étranger à rencontrer Yasser Arafat avant son grand départ)  lit un texte ponctué de cantiques finlandaises.

Puis, dès midi, à Turku, capitale nationale de Noël, une foule se masse sous le balcon de l’hôtel de ville pour entendre le maire faire un Charles de Gaulle à Montréal de lui-même.

Sa tête sort dehors, il a le parchemin entre les mains, il le déroule et fait solenellement lecture des lois de la paix de Noël. Pour les 24 prochaines heures, plus le droit de faire de bruit.

Il lit d’abord en finnois:

Huomenna, jos Jumala suo,

on meidän Herramme ja Vapahtajamme armorikas syntymäjuhla;

ja julistetaan siis täten yleinen joulurauha kehoittamalla

kaikkia tätä juhlaa asiaankuuluvalla hartaudella viettämään

sekä muutoin hiljaisesti ja rauhallisesti käyttäytymään,

sillä se, joka tämän rauhan rikkoo ja joulujuhlaa jollakin

laittomalla taikka sopimattomalla käytöksellä häiritsee,

on raskauttavien asianhaarain vallitessa syypää siihen

rangaistukseen, jonka laki ja asetukset kustakin rikoksesta

ja rikkomuksesta erikseen säätävät. Lopuksi toivotetaan kaupungin

kaikille asukkaille riemullista joulujuhlaa.

Puis en suédois:

I morgon, vill Gud,

infaller vår Herres och Frälsares nåderika födelsefest;

och varder förty härigenom en allmän julfred kungjord och påbjuden,

med åtvarning till envar att denna högtid med tillbörlig andakt fira,

och i övrigt iakttaga ett stilla och fridsamt uppförande,

emedan den, som häremot bryter samt julhögtiden

genom något olagligt eller otillbörligt förfarande oskärar,

gör sig under försvårande omständigheter förfallen till det straff,

lag och författningar för varje brott och överträdelse särskilt påbjuda.

Slutligen tillönskas stadens samtliga invånare en fröjdefull julhelg.

La Finlande tombe dans une introspection collective franchement troublante.
Faces rivées devant la télé, on entend les Anciens combattants (médailles, monocles, cannes, chaises roulantes) chanter l’Hymne national.

On mange le gruau de Noël dans lequel on a préalablement lancé une amande. Le gruau fait une galette des rois de lui-même: mais qui de nous, le gratin qui se trouve autour de la table, va donc croquer l’amande…

Et ça fait des grands flchss

Et ça fait des grands flchss

(Ces gens-là, Jacques Brel)


L’amande,  je l’ai croquée. Bonjour la chance.

Sitôt l’amande malaxée sur mon décalage horaire, la pénombre s’annonce sans gêne et le calme dans les rues s’impose.

On voit les petites familles se promener. Des couples se dirigent vers le stationnement (à Helsinki, j’habite un quartier qui ferait jouir sans contact les membres de Projet Montréal).

On choisit le moment pour aller vers le cimetière: du début de l’obscurité jusqu’à l’aube, il s’emplira de bougies, de lanternes et de cierges. Un salut aux ancêtres.

On entend les voitures qui viennent. C’est rapide et pourtant précieux. Les gens passent doucement. Papa. Maman. Les mioches avec la chandelle.

On devine que les habits de neige des jeunes sont colorés, fluos si ça se trouve mais, heh, c’est le solstice d’hiver. Noir comme le poêle. Seuls les lampions font de la lumière.

Tout le monde est une ombre et quelques mots avec des ää, des öö et des h légèrement soufflés

On les voit déposer la flamme pour dire salut à grand-papa, à grand-maman.

C’est probablement le dernier stop avant le souper en famille.

Au fil des heures, cela devient absolument magnifique. Le sol enneigé imite les étoiles du ciel avec ses petites flammes qui vivotent au pied des pierres tombales.

(C’est ce dont parle la chanson Hiljentyminen)

C’est le genre de truc que j’aurais pu filmer, photographier. Patate.

À quoi bon jouer le touriste japonais sur la spiruline.

Et ces nouveaux jours ont ce goût-là.

Le mouvement est naturel. Exit l’exaltation.  C’est parfait.

Je vais brûler mes cartes postales avant de vous les envoyer.

Je pars pour Helsinki dans 2 jours. Si la tendance se maintient, je passerai la douane avec une haleine de poutine que je traînerai de Dorval à Vantaa.

Plus sérieusement, j’ai l’impression de partir pour le chalet: une petite valise pour la cabane en bois rond à 6000 km d’ici.

Ce sera ma dose thérapeutique de Finlande extra-forte. Tel un pusher de bas-étage, je vous filerai de cet anxiolityque bien personnel dans une formule diluée mais pleine de bonne foi: je tiendrai un carnet que je publierai ici quand j’aurai quelques minutes par-ci par-là.

Rares sont les groupes indie rock finlandais qui me foutent par terre avec une violence à causer des fractures multiples.

Rares sont les groupes indie rock finlandais qui me foutent par terre avec une violence à causer des fractures multiples  qui passent à Montréal.

Rares sont les groupes indie rock finlandais qui me foutent par terre avec une violence à causer des fractures multiples qui passent à Montréal et que je manque parce que mon horaire ne me le permet pas.

AAAAAAAAH!

Pour la petite histoire, ça donne ceci: le groupe Rubik était au Green Room quelque part cet automne. Je les voyais venir, leur disque Dada Bandits sortait sur les tablettes d’Helsinki au moment où je faisais mes valises pour Montréal. La tournée américaine dépliée, petit origami cinglé avec une date à Montréal où ma soirée devait servir à gagner ma croûte, pas de chance, j’ai dû me rabattre -ah, pauvre garçon- sur le disque.

Rubik - Dada Bandits

J’étais prévenu. De Turku à Helsinki en passant par Tampere, les journaux alternatifs locaux jubilaient. Et quand ça jubile comme ça à grands coups d’étoiles et de superlatifs, faut aller voir.

Y’avait de quoi sauter de joie. Ces 5 musiciens-chasseurs-cueilleurs sont rusés comme des renards. On peut imaginer d’ici les Finlandais friands d’indie-rock casque d’écoute aux oreilles, les mains croisées derrière la tête et rêvassant, se disant pour eux-mêmes qu’ils viennent de trouver ze groupe local de classe international.

Je ne sais pas comment c’était au Green Room, je n’ai pas lu grand chose au Québec sur ce fort créatif Dada Bandits, mais putain!,  va falloir qu’on se parle, les amis: Rubik, c’est de la bombe.

Va falloir aller se tremper les oreilles dans le myspace, va falloir faire des sauts de tounes en tounes en jouissant, comme le fait si souvent Josée Di Stasio quand elle a une fourchette dans la bouche,  de la folie furieuse animal collectivesque, de l’urgence d’appartements du Miles-end mal chauffés, des éléphants roses en peluche et les bulles de savon des Flaming Lips, etc. Ce qui se passe de bien avec Rubik, c’est que l’équation où s’additionnent les groupes établis et les saveurs des 36 derniers mois est solide,  c’est que la somme des comparaisons possibles finit par pogner en pain et former de la fichue bonne pâte à biscuit.

Le bon vieux Chateaubriand disait: l’écrivain original n’est pas celui qui n’imite personne, mais celui que personne ne peut imiter.

Si Chateaubriand était un hipster, s’il citait des critiques de disque de Pitchfork et s’habillait là où je n’ai justement pas le blé pour m’habiller, il appliquerait très certainement sa pensée au rock multicolore et sucré des Rubiks.

Et puisqu’il est mort, je me permets de le faire à sa place. Gna.

L’album dégage une énergie toute gamine, lyrique et rentre-dans-le-dash. C’est plein de vitamines et à haute teneur en imprévisibilité.

Avec un titre de disque comme Dada Bandits, on est forcé de reconnaître que cela leur confère des airs de rejetons rock de Hugo Ball, Tristan Tzara et de tous ces autres petits monstres à batterie chargés d’enfance du Cabaret Voltaire.

 »Il n’y a rien de plus agréable que de dérouter les gens », disait justement Tzara.

Les cinq Rubik ont l’air d’être bien d’accord avec tout ça.

(Et si vous avez deux minutes, je souligne la coquette ressemblance, kuin kaksi marjaa comme deux baies sauvages, des couplets d’Hippocampe d’El Motor et de City and the Streets des Rubiks).

http://www.myspace.com/rubikband

24h pour filmer, scénariser, monter puis présenter un court-métrage.
Pour un moment seulement, le court dont je vous ai parlé.
http://www.jeanmalek.com/index.php?/vids/les-poissons/

photo avec des jolies filles : Jean Malek

13 nov. 2009 21:00
Quai des Brumes Montréal, Québec
27 nov. 2009 19:30
Le Milieu avec Mon Electric Bijou Montréal, Québec
29 nov. 2009 20:00
Verre Bouteille – Emilie Proulx Montréal, Québec

Mercredi soir, Jean Malek me lâche un coup de fil. Je rentre du boulot. Il est 23:00:

- Pourrais-tu écrire un texte d’ici demain soir? C’est pour un court que je dois présenter samedi….c’est pour Kino…le scénario, ce serait (…). Tu veux?

- Jean, le seul moment où j’ai le temps d’écrire un texte d’ici demain, c’est pendant mon heure de lunch.

- Ok.

- Ok? Bon. Ok.

Bref, samedi 20h30, à l’Agora du Coeur des Sciences de l’UQÀM, métro Place des Arts, Jean Malek présentera un court écrit avec un stylo bic rouge dans la main gauche et un sandwich au jambon dans la main droite. 20 minutes de ratures et de prose de coin de table pour la conduite d’un récit à mi chemin entre le Virgin Suicides de Sofia Coppola et un clip des Spice Girls.

Je ne suis pas inquiet. Même si ça ne peut que donner un film avec les défauts et les qualités du mot expéditif.

Le texte sera lu par Stéphanie Lapointe.

Bien hâte de voir ça.