Rares sont les groupes indie rock finlandais qui me foutent par terre avec une violence à causer des fractures multiples.
Rares sont les groupes indie rock finlandais qui me foutent par terre avec une violence à causer des fractures multiples qui passent à Montréal.
Rares sont les groupes indie rock finlandais qui me foutent par terre avec une violence à causer des fractures multiples qui passent à Montréal et que je manque parce que mon horaire ne me le permet pas.
AAAAAAAAH!
Pour la petite histoire, ça donne ceci: le groupe Rubik était au Green Room quelque part cet automne. Je les voyais venir, leur disque Dada Bandits sortait sur les tablettes d’Helsinki au moment où je faisais mes valises pour Montréal. La tournée américaine dépliée, petit origami cinglé avec une date à Montréal où ma soirée devait servir à gagner ma croûte, pas de chance, j’ai dû me rabattre -ah, pauvre garçon- sur le disque.
J’étais prévenu. De Turku à Helsinki en passant par Tampere, les journaux alternatifs locaux jubilaient. Et quand ça jubile comme ça à grands coups d’étoiles et de superlatifs, faut aller voir.
Y’avait de quoi sauter de joie. Ces 5 musiciens-chasseurs-cueilleurs sont rusés comme des renards. On peut imaginer d’ici les Finlandais friands d’indie-rock casque d’écoute aux oreilles, les mains croisées derrière la tête et rêvassant, se disant pour eux-mêmes qu’ils viennent de trouver ze groupe local de classe international.
Je ne sais pas comment c’était au Green Room, je n’ai pas lu grand chose au Québec sur ce fort créatif Dada Bandits, mais putain!, va falloir qu’on se parle, les amis: Rubik, c’est de la bombe.
Va falloir aller se tremper les oreilles dans le myspace, va falloir faire des sauts de tounes en tounes en jouissant, comme le fait si souvent Josée Di Stasio quand elle a une fourchette dans la bouche, de la folie furieuse animal collectivesque, de l’urgence d’appartements du Miles-end mal chauffés, des éléphants roses en peluche et les bulles de savon des Flaming Lips, etc. Ce qui se passe de bien avec Rubik, c’est que l’équation où s’additionnent les groupes établis et les saveurs des 36 derniers mois est solide, c’est que la somme des comparaisons possibles finit par pogner en pain et former de la fichue bonne pâte à biscuit.
Le bon vieux Chateaubriand disait: l’écrivain original n’est pas celui qui n’imite personne, mais celui que personne ne peut imiter.
Si Chateaubriand était un hipster, s’il citait des critiques de disque de Pitchfork et s’habillait là où je n’ai justement pas le blé pour m’habiller, il appliquerait très certainement sa pensée au rock multicolore et sucré des Rubiks.
Et puisqu’il est mort, je me permets de le faire à sa place. Gna.
L’album dégage une énergie toute gamine, lyrique et rentre-dans-le-dash. C’est plein de vitamines et à haute teneur en imprévisibilité.
Avec un titre de disque comme Dada Bandits, on est forcé de reconnaître que cela leur confère des airs de rejetons rock de Hugo Ball, Tristan Tzara et de tous ces autres petits monstres à batterie chargés d’enfance du Cabaret Voltaire.
”Il n’y a rien de plus agréable que de dérouter les gens”, disait justement Tzara.
Les cinq Rubik ont l’air d’être bien d’accord avec tout ça.
(Et si vous avez deux minutes, je souligne la coquette ressemblance, kuin kaksi marjaa comme deux baies sauvages, des couplets d’Hippocampe d’El Motor et de City and the Streets des Rubiks).





